Qualifiés à la faveur d'un exploit à Saint-Helens, les Dragons repartent en campagne dès ce soir, lors du premier tour de play-offs. C'est dans l'enfer de Wakefield que la bande à Bird et Guisset ambitionne de poursuivre l'aventure.(Extrait “l'Indépendant”)

C'est encore un doux songe. Un bonheur au futur. Un délice dans le lointain. Ce soir, les “sang et or” partent en croisade, à la conquête du monde. Une chevauchée qu'ils rêvent fantastique. Et si déjà le désir brûle, voici en quatre points les raisons légitimes d'y croire.
On ne les attendait pas
Souvenez-vous du Danemark en 1992 conduit par les Elkjaer-Larsen, Brian Laudrup ou Peter Schmeichel. Invitée de la dernière heure, cette équipe de Vikings avait alors raflé le championnat d'Europe de football. Et pourquoi ne pas rêver à pareil scénario
OAS_AD('Position1');
cachePubVide('pubCarreEdit');pour ses Dragons, revenus de l'enfer, et que l'on n'attendait plus à la table des Augustes. “Oh vous savez, aujourd'hui tout ce qui arrive représente du bonus”, concède Cyrille Gossard, du soleil plein les yeux. Et de rajouter. “On revient de si loin”. Des abymes de la Super League. Vingt-sept journées durant, les Roussillonnais auront lambiné, attendant le mois d'août pour s'extraire de la mélasse et s'immiscer pour la première fois parmi les huit postulants. Auteurs d'un départ catastrophique, six défaites lors des sept premières journées, ils ont ramé tout l'été pour finalement trouver le trésor. Bref, c'est à la fin de la tournée que la star qui avait joué de la guitare dans le métro une bonne partie de la saison, a retrouvé son statut. In extremis…
La bonne dynamique
A l'entrée d'un mois de juillet ensoleillé et aux perspectives brûlantes, les Dragons n'affichaient pas une mine superbe. Les bookmakers anglais ne donnaient pas cher de leur chance de grimper dans le grand huit. Cotés alors à 7/1, les inconditionnels ou les farfelus doivent aujourd'hui se frotter les pognes. Par ici le jackpot ! Samedi dernier, à St-Helens, les coéquipiers de Bird nous ont offert un match chiadé, une composition divine. La plus aboutie de la saison sur laquelle les entraîneurs vont s'efforcer de capitaliser. Une défense intraitable, une discipline maîtrisée et des leaders de jeu à l'unisson. Dans le sillage des cinq Australiens aux guibolles frétillantes, Pelo, Elima, Bosc, Baile… ont pu dérouler. Et pourquoi pas enchaîner…
Esprit de revanche
Un sale goût de fringale traîne encore dans les gorges catalanes. C'était le 4 septembre dernier. A peine quinze jours de cela. Ce soir-là, les Dragons jouent leur qualification face à Wakefield, déjà qualifié, dans un Brutus de gala. Et puis le match venu, plus rien. Soufflés par le dés ordre, emportés par la déferlante anglaise, les locaux encaisseront quatre essais, dont trois en contre (34-20). “Cette rencontre-là, nous ne sommes pas prêts de l'oublier. Ce jour-là, rien n'avait tourné dans le bon sens. Alors aujourd'hui, croyez-moi, c'est un véritable esprit de revanche qui nous anime , prévient encore Cyrille Gossard. D'autant que Wakefield nous avait déjà battus à l'aller (30-10)”.
Pas impérial à Belle Vue
Avec six revers en treize matches à domicile, le moins que l'on puisse dire, c'est que les Wildcats hoquettent souvent sur leur pelouse de Belle Vue. St-Helens (18-42), Wigan (40-26), Bradford (16-32), Huddersfield (6-54), Leeds (30-32), Castleford (12-20) en sont repartis la tête dans les étoiles. Néanmoins, Brough et son bataillon demeurent sur cinq succès consécutifs. Mais comme de leur côté, les Dragons se sont montrés souverains loin de leurs bases à six reprises, tous les espoirs sont permis. “Attention, c'est sûr que Wakefield c'est sans doute moins clinquant que Wigan, mais c'est une formation très sobre, homogène et réaliste , témoigne Laurent Frayssinous, le coach adjoint. Atkins, Obst, Demitriou, il y a vraiment de la qualité. Avec Brough qui organise derrière un pack puissant, ça peut faire mal. Rappelons-nous de la leçon d'opportunisme il y a de cela deux semaines”. Mais comme une équipe avertit en vaut deux…
Arnaud Hingray